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Histoire de la Grande Maison

de Charif Majdalani.

Synopsis

Dans le Liban de la fin du XIXe siècle, un homme doit fuir son village à la suite d’une obscure querelle. Repartant de rien, Wakim Nassar, le proscrit, va créer dans les environs de Beyrouth, à force d’audace et de volonté, des plantations d’orangers, fonder une nombreuse famille, devenir un chef de clan, un « zaïm » craint et respecté. La Grande Maison qu’il fait construire au centre des vergers, que les gens admirent de loin, à Ayn Chir, est le symbole de sa gloire. Puis la Première Guerre mondiale, la maladie, les frasques d’un de ses fils auront raison de son éphémère empire. Les descendants de Wakim devront quitter, un à un, la Grande Maison qui menace ruine, et prendre les chemins de l’exil.

Mon avis

Je vous avoue qu’en commençant la lecture, j’ai eu un peu peur en voyant l’absence totale ou partielle de dialogues pour mettre un peu de rythme, aérer le texte.

Je m’étais dit : « Purée, 300 pages comme ça, je suis pas sortie de l’auberge », et quelle ne fut pas ma surprise en voyant que la lecture n’était en aucun cas impactée par le manque de dialogue.

Ce que j’ai bien aimé, c’est que c’est le petit-fils qui raconte l’histoire de sa famille à travers les souvenirs de son père qui, en vieillissant, commence un peu à perdre la boule et qui aussi n’est pas prêt à lâcher tous les secrets de famille, mais aussi via les témoignages d’innombrables cousins ou cousines, oncles/tantes déjà âgés.

Et donc, au final, le petit-fils déroule l’histoire de sa famille à travers un tissu chronologique, d’une altercation dans un café qui va tout changer à l’émigration en Égypte de son père à cause du crash de 1929.

Il dresse un portrait de tous les membres de sa famille ou presque et de son grand-père surtout, Wakim, qui fera la fortune de la famille, ou de l’oncle Farid, qui en causera la ruine partielle.

Les petites anecdotes de famille qui sont en morceaux mais qui, par l’imagination du descendant, sont réinventées et reconstituées de façon à embellir un peu ou pas ce qu’il s’est réellement passé. Comme dans toutes les familles, on y retrouve des rivalités et des petits moments de joie comme les mariages ou les naissances.

Bien évidemment, le contexte historique autour du Liban est aussi lui très intéressant et cela aura forcément un impact sur la famille qui fera partie des pionniers dans le commerce de l’orange (qui l’eut cru). La Première Guerre mondiale voit la chute de l’Empire ottoman et la famille Nassar se voit contrainte à l’exil pour avoir été « francophile », ce qui, une fois encore, aura de grandes conséquences sur la famille.

Je n’avais jamais lu de livre sur cette partie du monde et je suis ravie d’avoir débloqué un nouveau pays sur ma carte des lectures.

Date de parution : 2006.
Maison d’édition : Éditions Points.
Nombre de pages : 338 pages.

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