de Didier Maury.
Synopsis –
Deux hommes, Marek et Abdelatif, que tout oppose – un flic intrépide et un criminel méthodique – voient leurs destinées se croiser sans jamais pouvoir se rencontrer. Une force mystérieuse semble toujours les en empêcher.
Deux vies parallèles, un seul destin. Ainsi se tissent les rencontres des deux protagonistes dont les vies, si différentes en apparence, portent pourtant la même empreinte invisible.
Dans ce roman hypnotique où se mêlent psychologie, polar et mystère, Didier Maury interroge la part du destin dans nos vies. Il y déploie une intrigue autour de parcours croisés, nourrie d’observations précises sur le monde de la police judiciaire qu’il connaît bien, la délinquance et les choix qui façonnent une existence.
Mon avis –
Deux Vies et un Soleil c’est l’histoire de Merek et Abdelatif, deux hommes qui sont nés le même jour, du même mois et de la même année.
À peine quelques heures de vie, ils sont réunis dans les bras d’une sage-femme et se toisaient déjà, s’affrontant du regard.
Ils vont poursuivre leur vie chacun de leur côté mais n’étant jamais très loin l’un de l’autre. Unis par la passion du rugby, ils vont même s’affronter sur le terrain.
Deux personnalités distinctes : Merek est enjoué, sociable, tchatcheur. Abdelatif est plus réservé, minutieux, consciencieux.
J’ai d’ailleurs été surpris dans le choix de carrière de chacun. Merek se dirige vers la police et Abdelatif vers des études plus poussées et des activités illégales parallèles. Au vu de la personnalité de base des deux personnages, je m’étais imaginé que les carrières seraient inversées.
Mais au final, Merek a su gravir les échelons déjà grâce au rugby, mais ensuite parce qu’il a su prendre les opportunités là où elles étaient et Abdelatif a su, avec sa rigidité, mener ses opérations illégales avec une précision chirurgicale.
J’ai beaucoup aimé suivre Merek dans les différents services du 36 quai des Orfèvres. Des procédures et des procédés de filatures bien huilés et un mécanisme d’orfèvrerie (si j’ose dire) qui ne faillit jamais.
En parallèle, j’ai aussi aimé suivre Abdelatif qui va se faire convaincre de monter des braquages de haut vol. Il va monter le groupe des Élégants avec Farid, son bras droit, et va ainsi faire tourner en bourrique les collègues de Merek.
À chaque opération, les deux hommes se tournent autour sans jamais se croiser. L’un court après l’autre sans jamais l’atteindre. Et quand ils pourraient enfin se rencontrer via des intervenants extérieurs, les champs de forces ne s’alignent pas, des aimants qui se rejettent.
La dernière opération finale permet aux deux personnages, par concours de circonstances, d’enfin lier leurs forces. Une boucle enfin bouclée en quelque sorte.
Malgré une petite incohérence au début du récit, l’histoire se met vite en place et ça n’est pas qu’un polar, mais c’est plus une réflexion sur comment les circonstances, la vie et les choix font que deux êtres qui ont des choses en commun, qui pourraient faire un bout de chemin ensemble, ne le font finalement pas.
