d'Éric Fouassier.
Synopsis –
Mars 1831. Louis-Philippe, nouveau souverain des Français, hésite encore entre une politique libérale et une ligne dure. Au gré des changements qui interviennent au sommet de l’État, l’existence du Bureau des affaires occultes est remise en question.
C’est dans ce contexte peu favorable que son chef, Valentin Verne, se voit confier une mission délicate : enquêter sur les agissements d’un mystérieux mage. Tables tournantes, dialogues avec l’au-delà, apparitions inexplicables se succèdent.
La tâche s’annonce d’autant plus ardue que celui-ci doit en même temps faire face à un adversaire encore plus redoutable, qu’il n’a eu de cesse de traquer depuis son entrée dans la police : le Vicaire.
Mon avis –
Ce deuxième tome du Bureau des Affaires Occultes porte bien son nom : Le Fantôme du Vicaire est bien présent. L’antagoniste rôde et sa présence n’est jamais très loin, toujours pesante.
Ce deuxième tome est bien plus sombre que le précédent. Et ce dès le début. Car qui croyait prendre s’est fait prendre à son tour.
Valentin n’est plus lui-même. Il se sait proche et sur le point d’attraper celui qui le tourmente, qui lui a volé son enfance et ses espoirs de vivre une vie normale, comme un jeune homme d’une vingtaine d’années.
Mais à chaque fois, le Vicaire s’échappe tel un spectre. Et cette fois-ci il emporte du monde dans son sillage.
Dans ce deuxième tome, on suit deux enquêtes : une enquête du bureau des affaires occultes et une (en)quête personnelle.
L’enquête du bureau des affaires occultes est par ailleurs très intéressante. On est plongé encore une fois dans le spiritualisme truqué, fruit d’exploit technologique comme le diorama ou bien encore le polyorama panoptique. Un jouet en vogue à l’époque qui faisait bouger des images peintes grâce à des variations de lumière.
J’ai aimé suivre cette enquête où, je l’avoue, j’ai tout de suite (ou presque) soupçonné la belle-mère éplorée. Cependant, essayer de démasquer l’illusionniste en même temps que Valentin et Isidor m’a tenu en haleine aussi.
Mais j’ai surtout aimé la quête de Valentin. Lorsque le Vicaire rentre en scène en semant ses petits cailloux et ses messages, c’est là que l’histoire a commencé. J’ai été tellement triste pour le cireur de chaussures (mais je l’ai vu venir aussi malheureusement).
La dernière partie du roman s’est réellement accélérée et la disparition d’Eugénie (ou bien devrait-on dire Mme Doubtfire) change la donne. On trouverait presque dommage que la fin soit aussi simple et abrupte pour des souffrances tant décuplées.
Pour une fois, ne laissons pas de côté Aglaé, qui non seulement pousse Valentin dans ses retranchements, mais apporte la dimension féministe du roman et les éclairages nécessaires sur les combats de l’époque.
Je terminerai sur une nouvelle fois cette immersion dans les rues de Paris des années 1830. De Belleville au 11ᵉ arrondissement, de Saint-Cloud au Morvan, l’auteur nous balade avec justesse et de belles descriptions dans des lieux divers et variés. Que ce soit en richesse ou en pauvreté.
