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Les Vies de Lee Miller

d'Antony Penrose.

Synopsis

Tour à tour muse de Man Ray, photographe de mode pour Vogue et correspondante de guerre suivant l’avancée des alliés des plages de Normandie jusqu’aux camps de Dachau, la photographe Lee Miller est ici racontée par son fils, Anthoy Penrose, dans un récit passionant largement illustré par des cahiers des photographies issues de l’ensemble de sa carrière. L’ouvrage, paru en pour la première fois en 1985, est ici présenté en version broché.

Mon avis

C’est en lisant ce genre de livres que je me rends compte que ma vie est un peu fade.

Lee Miller, célèbre photographe et mannequin américain, voyageuse et avant-gardiste, épouse et mère, correspondante de guerre et de mode, cuisinière hors pair et fan de musique classique, Lee Miller a eu plusieurs vies et de nombreux amis célèbres.

J’ai beaucoup apprécié me plonger dans la vie de cette femme incroyable. J’avais été voir l’exposition Lee Miller à Paris où de nombreuses de ses photos ont été exposées. L’exposition était déjà intéressante mais le livre apporte davantage de précisions et suit un ordre chronologique.

On suit Lee Miller de sa petite enfance à sa mort et tout cela raconté par son fils Antony Penrose via des extraits de lettres, d’autobiographie et de photos retrouvées.

Lee Miller était une femme plus avancée sur son temps, une rebelle des années 20 et des années 30, qui ne vivait pas avec les conventions de l’époque. D’autant plus intéressant que ses parents ne semblaient pas se formaliser sur ce point-là et soutenaient leur fille dans chaque chose qu’elle entreprenait ou chaque homme qu’elle côtoyait.

Elle a d’ailleurs côtoyé nombre d’hommes, qui sont tous tombés très amoureux d’elle et on peut comprendre pourquoi. Elle savait ce qu’elle voulait, elle avait son caractère, elle était passionnée dans tout ce qu’elle entreprenait. Et je suis certaine que j’aurais été intimidée de la rencontrer et que d’être son amie ou dans son entourage ne devait pas être chose aisée.

La partie qui m’a le plus plu, bien sûr, est l’époque où elle était correspondante de guerre pour les États-Unis, lorsqu’elle a sillonné l’Europe pour rendre compte des conséquences de la guerre et du régime nazi, surtout dans les camps de la mort.

Et je ne doute pas d’ailleurs que cette période a été destructrice à l’échelle d’un pays, mais aussi destructrice pour Lee qui a dû voir des choses qu’on ne peut imaginer.

Le fils de Lee, Antony, semble mettre de la distance dans ce qu’il raconte, ne disant jamais « ma mère » ou « mon père » par la même occasion. Une façon, certainement, de se protéger de ce processus d’écriture qui rentre encore plus dans la vie d’une mère avec laquelle il a souvent été en conflit.

C’est d’ailleurs un peu frustrant de ne pas voir les liens qui pouvaient les unir ou du moins les ressentir dans la lecture, mais peut-être par pudeur ou simplement par absence de réels sentiments d’attachement.

J’ai adoré les séparations photos, ces petites interludes pour immortaliser la vie de Lee en images et surtout l’étendue de son talent.

Si vous ne connaissez pas le personnage de Lee Miller, je vous recommande bien sûr cet ouvrage, qui retrace la vie de cette femme, amie de Man Ray, Picasso ou Chaplin, des artistes comme des GI, des petites gens comme des grands.

Date de sortie : 2022.
Maison d’édition : Thames & Hudson.
Nombre de pages : 213 pages.

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