de Laurent Mauvignier.
Synopsis –
En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Mon avis –
Ce livre est long, ce livre est dense mais ce livre est beau.
C’est tout ce que j’aime, des histoires de famille dans la grande Histoire. Des peut-être et des c’est sûr.
L’histoire part d’un homme, d’un homme qui, par son courage, a réussi à assurer l’avenir de générations qui viendront après lui.
Mais l’histoire ne parle pas d’hommes. Non, elle parle de femmes, de Jeanne-Marie, de Marie-Ernestine, de Marguerite ou bien de Paulette.
Des femmes qui vont certes être dans l’ombre de ces hommes mais qui vont tout de même tout gérer.
On parle de femmes dans la Grande Guerre, des femmes qui doivent trouver leur place avant, pendant et après le massacre.
De femmes à qui on a renié un avenir ou des choix : de se marier ou pas, de faire de la musique ou pas, d’avoir des enfants ou pas.
Le livre parle des femmes qui subissent et qui ne sont pas heureuses. Qui n’ont pas eu le choix, ni consenti.
Marie-Ernestine m’a fait de la peine et j’ai compris et ressenti sa colère. J’ai aussi compris Marguerite, sa fille.
Une rebelle, le mouton noir de la famille qui a dû porter le poids de l’héritage des hommes et notamment son père : le poilu héros de guerre.
L’écriture est fluide, les phrases sont parfois longues mais elles s’enchaînent bien, on veut savoir la suite et connaître les secrets de la famille qui n’est pas la nôtre.
On se dit que d’être une femme, surtout à ces époques, n’était pas simple.
Une sorte d’acceptation parce qu’on ne peut pas plus ni mieux en tant que fille, mère ou grand-mère.
On relativise et on comprend que les blessures intimes peuvent se transmettre de générations en générations avec plus ou moins d’impacts.
C’est un très beau livre à lire et à savourer. Mais un conseil, ayez le temps.
