de Gisèle Pelicot.
Synopsis –
« Cette histoire ne m’appartient plus totalement. Elle a réveillé une douleur muette et profonde, montée de la nuit des temps. Elle a suscité la sidération. Comment comprendre ce qui m’est arrivé, ce que mon calvaire a ensuite déclenché ? Il m’a fallu marcher le long d’une faille, la mienne. Comme le funambule sur la corde raide, je dois avancer.
Je voudrais par ce livre mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre.
Dire que je suis vivante. »
Mon avis –
Il n’y a pas de réels mots pour décrire cette lecture, si ce n’est « wahou ».
On ne peut pas réellement qualifier une « autobiographie » ou des témoignages personnels, dire que c’est une histoire incroyable ou, au contraire, que c’est plat et sans intérêt. Parce que c’est une histoire qui n’est pas la nôtre, que nous n’avons pas vécue et qui pourtant est bien réelle.
J’ai pour la première fois réellement entendu parler Gisèle Pelicot lors d’une interview sur Quotidien pour faire la promotion de son livre et j’ai tout de suite été hypnotisée par sa douceur.
Mais ce qui m’a frappé, c’est son calme et sa capacité, enfin son aptitude à ne pas être en colère, à essayer de voir chaque chose positive comme un rattachement à la vie qu’elle avait vécue.
Dans ce livre, c’est donc un cheminement, d’explications de ce qu’elle avait vécu. Avant, un peu pendant et surtout après ces viols.
Elle parle de son mari, oui, de ce qu’il était et dresse un portrait qui essaye d’être juste mais aussi plein d’honnêteté.
Jamais un mot plus haut que l’autre, un portrait personnel qui explique comment deux êtres ont fini par se lier dans l’amour pour finir par se délier subitement, sans consentement.
Je l’admire car elle fait et a fait preuve d’une grandeur d’âme et de sagesse que, je sais d’avance, je n’aurais pas eues. Comment ne pas être en colère ? Comment ne pas détester ?
J’ai été soulagée de voir parfois des mots bruts comme « abrutis », « salopards », qui injectaient comme un peu de colère, presque pour soulager.
Je comprends son point de vue, du moins je pense, mais je pense aussi faire partie de cette génération qui ne veut plus subir et ne veut pas se taire.
Ce témoignage sert aussi de miroir à notre société, nous a mis le nez dans nos excréments, pour parler poliment.
Personne n’est à l’abri, tout le monde peut être coupable ou victime et la honte doit changer de camp, on doit pouvoir parler sans faire penser qu’on en fait trop ou pas assez.
