de James Vanderbilt.
Synopsis –
En 1945, le psychiatre Douglas Kelley — également officier des services de renseignement américains — est chargé d’interroger des prisonniers nazis pour déterminer s’ils sont aptes à être jugés au procès de Nuremberg. Il va particulièrement s’opposer à Hermann Göring, l’ancien « bras droit » d’Adolf Hitler.
Mon avis –
Nuremberg nous propose une immersion totale dans le plus grand procès de l’Histoire.
J’ai adoré, du début à la fin. On est dans les coulisses, derrière les caméras officielles, dans les cellules et chez les avocats.
Dès le départ, la figure de Göring (Russell Crowe) est mise sur un genre de piédestal. Une figure intouchable du nazisme, charismatique, aimable et plaisante. Dès le départ on veut faire tomber cet homme qui paraît indestructible et dès le départ Rami Malek (Douglas Kelley) donne le ton.
Juste une petite remarque sur Rami Malek que j’adore. J’ai juste l’impression de ne pas pouvoir le sortir de la peau de Freddy Mercury. Ou bien c’est vraiment l’impression qu’il donne.
En alternant avec des touches d’humour et de légèreté (pas très présentes, hein, mais y a de l’idée quand même), James Vanderbilt essaye de montrer les relations complexes qui se sont liées entre le patient et son psychiatre.
Car, dans les faits, je pense que pour évaluer ce genre de personnage, il faut prendre sur soi et faire semblant. Tenter de se rapprocher, de rentrer dans l’intimité du personnage et d’essayer de tisser des liens d’« amitié », si ténus soient-ils.
J’ai trouvé les interrogatoires toujours hyper bien menés. Et l’aplomb de Göring hyper énervant aussi. Son tour de magie, qu’on sait tous à l’avance qu’il a réussi, et Douglas Kelley en face qui, bien évidemment, ne se doute pas qu’il se réalisera.
On est spectateur du procès mais au final on sait comment ça se termine. Nous, on a une longueur d’avance et voir les personnages, les avocats de la défense se prendre les pieds dans le tapis, eh bien ça fait quand même chier.
Et des vérités qui ne sont pas tout le temps bonnes à dire ou à entendre. Bien évidemment que ce que les nazis ont fait est ignoble et qu’on ne pourra jamais oublier ni pardonner ni donner du crédit à ce genre de pensées. Mais finalement, Göring réussit (et seulement si les propos rapportés sont vrais) à dire assez justement que les Américains ne peuvent pas se prévaloir d’avoir une moralité supérieure alors qu’ils ont eux-mêmes utilisé la bombe atomique par deux fois et mis eux aussi dans des camps de concentration les Japonais et nippo-américains après Pearl Harbor.
La guerre, c’est des choix, mais ils ne sont pas tous bons à prendre.
J’ai particulièrement aimé une scène du film qui montre une partie du film montrée à l’audience sur les atrocités des camps de concentration et d’extermination. Les réactions des accusés, tantôt impassibles, tantôt presque admiratives et nostalgiques et tantôt gênées de ce qu’ils voyaient.
Bien évidemment, on n’en voudra pas à ces terribles personnages de l’Histoire de nous faire croire qu’ils n’étaient pas au courant. Parce qu’en réalité, personne ne les croit. Et on se doute bien qu’Hermann Göring, deuxième homme du Reich, savait bien ce qu’il se tramait en Pologne et en Allemagne.
La fin est excellente, la joute verbale lors du procès entre Goering et le procureur en chef Robert H. Jackson (Michael Shannon) est hypnotisante et on se demande qui aura réellement le dernier mot. Mais Goering n’avouera jamais son désaveu envers le Führer. Et c’est ce qui le perdra.
Douglas Kelley terminera sa vie dans le dénuement le plus total et le désaveu de son pays. Il tentait juste de prévenir des dangers de croire que ça ne peut qu’arriver aux autres et que les Allemands sont des gens spéciaux. L’histoire contemporaine et encore plus actuelle nous montre qu’il avait totalement raison, et il ne faut pas voir plus loin que les États-Unis.
