de Mathilda Di Matteo.
Synopsis –
Huit cents kilomètres séparent Clara de sa mère, Véro, depuis qu’elle a quitté Marseille. Ce week-end, elle lui présente Raphaël. Un girafon, pense Véro en le voyant. Il l’agace avec son pedigree bourgeois, ses mots compliqués et sa bouche fermée comme une huître. Elle n’aurait jamais dû laisser Clara monter à Paris.
Mère et fille se cherchent, se fuient, se heurtent sans jamais oublier de s’aimer. Comment être une bonne mère quand notre enfant nous échappe? Comment être une bonne fille quand on a honte de celle qui nous a tout donné? Comment s’affranchir sans trahir?
La Bonne Mère est l’histoire d’un amour féroce. Un roman ultra-contemporain sur la violence dont on hérite et sur ce qu’on reproduit malgré soi. Avec une ironie mordante, Mathilda di Matteo nous entraîne dans un tourbillon d’émotions, entre Marseille et Paris.
Mon avis –
La Bonne Mère, c’est comme dit Véro : « On ne sait jamais vraiment être une bonne mère ». En réalité, je ne pense pas que quelqu’un ait vraiment le mode d’emploi de la parentalité.
J’ai énormément aimé le personnage de Véro. Son franc-parler qui m’a fait sourire plus d’une fois, le souci qu’elle se fait pour sa fille, le fait qu’elle s’assume entièrement en tant que cagole 100 % made in Marseille.
Je l’ai lu avec l’accent du Sud, les petits mots bien placés du patois de la cité phocéenne. Au contraire pour Clara, dans ma tête c’était plus sérieux, plus calme et moins exalté.
J’ai tout de suite détesté Raphaël, la figure parisienne par excellence que je ne supporte pas. Ce faux gentil qui fait genre qui s’intéresse à toi mais se sert de toi comme expérience sociale pour se prouver un truc. Un petit côté exotique. Le mec a honte de Clara de bout en bout, n’assume pas sa relation parce qu’elle est régie par des codes surannés et profondément faux (-cul).
Bref, je ne vais pas dire que Clara n’avait pas honte, elle aussi, de son côté, de sa mère trop exubérante et de son père peut-être simplet, mais au moins « le girafon » a rencontré sa famille. L’inverse n’est pas vrai.
Le point central du récit est certes la relation mère-fille. Qui s’éloignent et se rapprochent. S’aiment et se détestent. Ne se comprennent plus et minimisent les ressentis l’une de l’autre. Mais l’autre point prédominant du roman, c’est les hommes.
En effet, ces derniers ne sont pas en reste et ils rôdent là, prêts à surgir et détruire. Le Napolitain qui est un rital sanguin et qui n’a clairement pas traité et considéré sa femme correctement.
Raphaël, qui se voit tuer Clara à plusieurs reprises, frappe dans les murs, « mais c’est pas grave ».
J’ai adoré le moment où Vero débarque avec sa team de cagoles pour lui faire peur. Sa tirade est exceptionnelle dans sa justesse. C’est pas parce qu’il n’y a pas de coups, de bleus ou de cocards que les violences ne sont pas là. Elles peuvent prendre plusieurs formes et sont toutes à ne pas minimiser.
Parce qu’il me faut terminer, je n’ai pas vu passer la lecture de ce roman. Les chapitres courts s’enchaînent bien, le phrasé est juste et accessible. L’histoire universelle.
