You are currently viewing Nourrices

Nourrices

de Séverine Cressan.

Synopsis

Dans ce village, c’est du corps des femmes qu’on tire l’argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son garçon à peine sevré, accueille chez elle une « petite de la ville ».

Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné et, à ses côtés, un carnet qui raconte son histoire. Elle recueille ce nourrisson avec lequel elle tisse immédiatement un lien fusionnel. Quand la petite dont elle a la garde meurt, Sylvaine décide d’échanger les bébés. L’enfant mystérieuse se substitue à Gladie, l’enfant de la ville qui lui a été confiée…


Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d’une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraîne dans un univers où la nature et l’enchantement ne sont jamais loin et réinvente l’histoire de ces mères invisibles.

Mon avis

Ce roman nous propose une vision animale du corps de la femme avec tous ses instincts.

Sylvaine, qui vient d’accoucher, se voit offrir son corps à d’autres enfants qui ne sont pas les siens. Et au-delà de ça, elle l’offre à des hommes qui s’en servent comme moyen de gagner de l’argent au mépris des conséquences.

L’attachement, l’amour qu’elles devront toutes ou presque, un jour, laisser partir.

À travers les récits de Sylvaine, Gladie, Faustine, Margot, l’autrice nous propose différents points de vue. De femmes ou d’enfants, qui ne sont pas dupes sur leurs sentiments, les magouilles, les mères ou les enfants.

Le concept d’exploitation prend tout son sens. Je suis Bourguignonne, aux portes du Morvan, et on a tous déjà entendu parler des nourrices morvandelles. Celles qui partent à la ville, Paris, pour donner leur lait. Il y a limite un petit côté romantique, aventurier de la campagnarde qui monte à la ville. Mais c’est réellement un don de soi.

Et ce roman le montre bien. Car si elles pouvaient partir, c’est qu’elles devaient abandonner, faire des choix dans l’espoir de gagner un peu d’argent.

Les enfants sont des objets de transactions, on ne leur demande pas leur avis, ils ne peuvent pas le faire de toute façon.

Gladie se retrouve ballotée de femmes en femmes, de mères en mères, de foyers en foyers alors qu’elle n’appartient à aucun d’eux en réalité. Si ce n’est à la femme du cahier (récit dont j’ai beaucoup apprécié la lecture tant il est difficile de douter que cela se passait réellement ainsi).

Gladie, les trouvés, Sylvaine, la Michaude font partie d’un système bien huilé, cruel, mais qui fait vivre malgré tout.

Enfin, Margot et Gladie font partie d’une chaîne qui se rejoint, chacune faisant partie du fermoir qu’il est impossible de dissocier. L’une était là à la naissance de l’autre et la deuxième à la mort de la première. J’ai trouvé la fin très belle. Comme un cycle qui recommence.

« On disait mot, mais je suis sûre qu’on pensait toutes la même chose : qu’il faudrait peut-être nous demander notre avis, vu qu’on était quand même les premières concernées ».
Date de parution : 21 août 2025.
Maison d’édition : Éditions Dalva.
Nombre de pages : 272 pages.
Lecture dans le cadre du Prix Littéraire des Enseignants de l’Académie de Créteil 2026 – Service de Presse.

Ne manquez pas les nouveautés sur l'Étagère !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire