de Emil Ferris.
Synopsis –
Set against the tumultuous political backdrop of late ’60s Chicago, My Favorite Thing Is Monsters Book Two is the eagerly awaited conclusion to the most acclaimed graphic novels of the past decade. Presented as the fictional graphic diary of 10-year-old Karen Reyes as she tries to solve the murder of her beloved and enigmatic upstairs neighbor, Anka Silverberg, a holocaust survivor, while the interconnected stories of those around her unfold.
Chronique d’un monstre –
J’avais adoré le tome 1, Karen et ses monstres, l’histoire mais surtout les dessins. Les dessins sont vraiment incroyables et se dire qu’ils sont tous faits avec des stylos Bic c’est quand même incroyable. C’est pourquoi je n’empêcherai plus mes élèves de dessiner avec, sait-on jamais, un talent pourrait se révéler.
Bon, on retrouve dans ce tome 2 Karen avec son frère Deeze, enfin Diego. Ils ne sont plus que tous les deux et doivent donc apprendre à vivre ensemble et à faire face à plusieurs nouvelles révélations sur leur vie familiale.
Karen cherche toujours à trouver le meurtrier de sa voisine Anka et comme dans le tome 1 ça nous transporte en Allemagne nazie mais cette fois-ci dans les camps de la mort, les étapes de la sélection. Je ne pense pas qu’il soit réellement possible de retranscrire, que ce soit à l’écrit ou en film, ce que cela pouvait être en réalité, mais les dessins de cette partie sont très saisissants (tant au niveau des visages qu’au niveau des corps).
L’histoire se déroule aussi dans les années 60 à Chicago. Deeze fait tout pour échapper à la guerre du Vietnam et il ne fait pas toujours des choses hypersympathiques. On a des petites touches de mouvement hippie « make love, not war », de manifestations pacifistes et de personnages peace and love.
Mais la partie que j’ai le plus préférée, c’est celle de la visite du musée. Deeze emmène Karen au musée et ils passent devant des œuvres très célèbres comme Nighthawks (1942) d’Edward Hopper ou bien Judith décapitant Holopherne (1612/13) d’Artemisia Gentileschi. Encore une fois, yes I know, the drawings ! Les dessins sont incroyables ! On passe d’œuvres super classiques et connues et hop d’un coup elles sont dans une BD dessinées avec des stylos Bic. J’ai adoré, j’ai tout détaillé avec mes yeux de personne pas artistique et j’ai trouvé ça incroyable de les retranscrire avec autant de fidélité.
L’auteure aborde aussi des sujets plus personnels via Karen, comme l’homosexualité et l’orientation sexuelle. J’ai trouvé cette partie-là aussi très importante, moi qui suis en contact avec des adolescents toute la journée. Le fait qu’elle soit soutenue par son frère contrebalance les souvenirs de Karen sur le point de vue de sa mère sur le sujet et lui permet d’être tout à fait à l’aise avec ce qu’elle ressent et j’ai trouvé ça très beau.
J’attends avec impatience le tome 3 de ce roman graphique, car, enfin, je pense, j’espère qu’il y en aura bien un troisième.
Date de parution : 2024.
Maison d’édition : Fantagraphics / Toussaint Louverture.
Nombre de pages : 412 pages.
