de Sanika Hiiragi.
Synopsis –
Entre notre monde et l’au-delà existe un étonnant studio photo où les défunts peuvent tourner une dernière fois les pages du livre de leur existence terrestre.
À travers une collection de clichés soigneusement choisis, chacun peut remonter le temps et se remémorer les moments précieux de son passé.
Accompagnés par Hirasaka, le mystérieux propriétaire du studio, trois personnages vont traverser cette antichambre. Mais s’ils peuvent revisiter leurs souvenirs, ils ne doivent pas oublier qu’on ne peut faire dévier en toute impunité le cours des choses déjà écrites…
Mon avis –
Le Gardien des Souvenirs fut une lecture toute douce et une belle découverte.
Dès le début du roman, on est plongé dans ce studio photo, qui accueille jour après jour des hommes et des femmes qui ne sont plus de ce monde.
Le studio photo, c’est un peu la salle d’attente du Paradis ou de l’Enfer, si tant est que l’un et l’autre existent réellement.
Mais ce qui m’a tout de suite convaincue et touchée, c’est que dans cette salle d’attente on se replonge dans ses souvenirs, une photo par jour, de sa naissance à sa mort.
Bien évidemment, et je serais TELLEMENT incapable de le faire, il faut choisir une photo par année de vie pour construire le film de sa vie. Et ce, avant de réellement franchir la barrière de l’au-delà.
Encore mieux, on a la possibilité de se rendre dans le passé et de reprendre une photo d’un souvenir qui nous est cher. Franchement, c’est pas un concept de dingue ça ?
J’ai vraiment beaucoup aimé la première histoire, de Michi, cette vieille femme qui a passé sa vie à la consacrer aux enfants, le trésor de ce monde. Et en tant que prof, ben oui les enfants c’est l’avenir.
La deuxième histoire était aussi intéressante à lire, ce yakusa dur à cuire qui va prendre sous son aile un handicapé qui va faire des miracles pour son business. Une acceptation de la différence, un désir de justice et de protéger les faibles.
La dernière histoire est bien sûr très dure à lire. Mais très surprenante. Et avec Mitsuri tout prend sens.
Au final, ce roman est un cycle avec des hauts et des bas et le guide va par des ruses essayer d’influencer les événements. Enfin seulement une fois.
D’ailleurs, la fin laisse libre à interprétation et j’aime à penser que Michi (Mitsuri) rencontre Hirasaka dans sa vie et que même si ce dernier n’a pas eu une vie palpitante, ce fut un homme bon.
Pour finir, ce roman m’a aussi beaucoup fait réfléchir sur l’après, qu’est-ce qui se passe quand on est plus ? On se réincarne ? On rejoue sa vie en essayant de faire mieux ? Et je l’avoue, j’ai eu parfois des petites poussées d’angoisses.
Bref, si ce principe de studio photo existe vraiment. Croyez-moi que ça me réassurerait presque. J’en suis à 10 220 photos et 28 ans et j’espère que j’en aurai encore plein d’autres…
« Ainsi va l’existence. La vie est une sorte de voyage où l’on avance en se délestant peu à peu de ses souvenirs ».
Année de parution : 2025.
Maison d’édition : Éditions Points.
Nombre de pages : 192 pages.
Lecture dans le cadre du Prix des Lecteurs du Meilleur Roman 2026 des Éditions Points avec Version Femina – Service Presse.
