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Corps de Ferme

d'Agnès de Clairville.

Synopsis

Tandis qu’ils oeuvrent à leur survie, rien n’échappe aux animaux de la ferme. L’inquiétude de l’éleveur acculé par les échéanciers, les batailles des fils à mesure qu’ils grandissent, les pas de la femme, plus lourd que d’ordinaire. La vache, la chienne, le chat sont les vigies d’un monde rythmé par la vie et la mort. Mais dans cette ferme, une tragédie a cours et personne n’en devine rien. Parce que les hommes sont aveugles, les bêtes vont témoigner.

Dans un huis clos à ciel ouvert, Agnès de Clairville donne la parole aux animaux et s’attache à renverser le regard… jusqu’à l’inattendu.

Mon avis – 

Corps de Ferme fut très dur à lire.

On va pas se mentir, certaines scènes sont très crues. Le fait qu’elles soient en plus décrites du point de vue des animaux rend le récit encore plus dur.

Je m’attendais à lire un roman dans le même goût qu’Animal Farm de George Orwell avec une critique de la société et une hiérarchisation de la ferme en parallèle de la société des humains. On a bien sûr une hiérarchie dans le monde animal comme dans le monde humain mais les deux évoluent séparément.

J’ai tout de suite été touchée par le récit de la vache et le peu de considération finalement qui lui était accordé. Et même s’il faut un peu de temps pour s’habituer au style de l’autrice, j’ai compris toutes les descriptions faites à hauteur d’animaux. Sa fin m’a surprise, touchée, mais l’abrupté de l’écriture m’a paru surtout cohérent.

Je pense tout de même que le point de vue qui m’a le plus touché est celui de la chienne. Elle suit ses maîtres pratiquement partout, fidèle, heureuse de faire plaisir et en retour n’en retire pratiquement rien de positif. Ayant moi-même deux chiens, je donnerais cher pour savoir ce qu’ils pensent et ce qu’ils pourraient dire sur nous, les humains.

En ce qui concerne le chat, j’ai trouvé son snobisme et cet air de supériorité plutôt juste. Je suis une cat mom, alors vraiment, quand je vois mon chat me regarder par moment, je sais bien qu’il me juge. Et je ne lui en veux pas. C’est l’un des rares animaux à avoir accès à tous les lieux de la ferme avec la pie, jusque dans les lits des maîtres. Il peut ainsi se faire une idée assez juste de leurs personnalités.

Autre point important, les humains. Leur histoire est aussi horrible. Et bien que je puisse compatir avec les problèmes liés à la ferme : les soucis d’argent, de rendements, les maladies bovines ou autres, il m’a été difficile de compatir totalement.

Déjà, il y a les violences envers les animaux, le peu de considération qui font que oui, les animaux ne sont qu’un moyen d’arriver à vivre et survivre. Mais l’infanticide est un autre point où il m’est carrément difficile de pardonner et de surcroit de trouver des excuses.

Pour finir, il est presque plus facile de déceler de la solidarité chez les animaux que chez les humains même si parfois cela se fait dans la brutalité, tout comme de la sensibilité. Bien que le cadet de la famille fasse presque figure de normalité dans cette famille traumatisée par les non-dits et enfermée dans les obligations.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le roman offre une perspective assez inédite et renverse l’histoire où d’habitude ce sont les humains qui mènent la danse.

« Alors le chiffon doux et mouillé, c’est comme un coup. Un coup de tendresse, au moment où on ne s’y attend pas, ça fait mal. »
Année de parution : 2025.
Maison d’édition : Éditions Points.
Nombre de pages : 288 pages.
Lecture dans le cadre du Prix des Lecteurs du Meilleur Roman 2026 des Éditions Points avec Version Femina – Service Presse.

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