de Kathryn Stockett.
Synopsis –
» Si on donne à une fille une bouffée d’air frais et qu’ensuite on la lui reprend, elle se battra comme une lionne pour la récupérer. » Mississipi, 1933.
Meg, onze ans, a appris à ne compter sur personne. Depuis que sa mère l’a abandonnée, elle fait partie des grandes filles » inadoptables » de l’orphelinat, où elle se bat chaque jour pour garder espoir malgré le mépris et la cruauté de la présidente.
Birdie, missionnée d’aller retrouver sa sœur récemment mariée à un riche banquier pour sauver sa famille ruinée, découvre un foyer parfait en apparence mais qui repose en réalité sur un tissu de mensonges.
Charlie, internée de force dans un asile après avoir été jugée » faible d’esprit « , est prête à tout pour récupérer sa fille perdue et retrouver sa dignité.
Trois destins qui vont se rencontrer par la force du hasard autour de l’orphelinat du comté de Lafayette, puis converger avec celui d’un groupe de femmes intrépides qui élaborent un plan audacieux : le » Calamity Club « . Mais dans une ville où règne l’hypocrisie, le moindre acte de défi vous expose à tous les dangers… Quel sera le prix à payer pour leur désobéissance ?
Mon avis –
Que c’était bien ! Pendant plus de 600 pages, l’autrice nous plonge dans le bouillant Mississippi des années 30, un pur régal ! Le côté historique est bien exploité avec des références au commerce de coton et de sucre et à l’esclavage, source de richesse pour les grandes familles du coin.
Que ce soit dans le Delta ou à Oxford, les années post-crash de Wall Street de 1929 font des ravages et personne n’est épargné. Les riches deviennent pauvres et les pauvres deviennent encore plus pauvres. Chacun essaye de survivre comme il le peut et cette atmosphère d’urgence et d’angoisse de ne plus rien avoir est très bien retranscrite.
Se rajoute à cela le mouvement puritain où l’alcool est prohibé et les bonnes mœurs se doivent d’être respectées, souvent avec dureté et cruauté (encore plus envers les femmes, bien sûr).
Mais les véritables stars de ce roman, ce sont les femmes. Birdie, Charlie, Flossy, Ruby et les autres, sans oublier Meg, nous font vivre les États-Unis des années 30 au plus près, la crise économique étant toujours plus dévastatrice pour les femmes que pour les hommes.
Je me suis directement pris d’affection pour Meg, parce qu’elle raconte les choses avec son point de vue d’enfant et ses réflexions d’enfant, mais derrière transparaît une grande maturité. Elle n’est pas dupe de ce qui se passe autour d’elle et c’est son esprit de combativité qui m’a le plus touché.
Birdie, c’est un autre registre, elle a fait un temps partie de ces gens privilégiés et elle doit, de force, prendre les choses en main et changer son destin. Elle se retrouve malgré elle dans une entreprise risquée et j’aurai presque voulu que ça arrive plus tôt dans le livre pour lire d’autres péripéties du Calamity Club.
J’ai adoré les prostituées et leur franc-parler, j’ai rigolé et j’ai souri à plusieurs reprises, Charlie m’a touché parce qu’elle fait partie d’une page sombre de l’histoire des États-Unis et malgré tout l’espoir de retrouver sa fille la tient en vie.
Bien évidemment, Miss Garnett est détestable tout comme Frances et les personnages masculins peu intéressants (sauf Tom que j’ai trouvé touchant mais en lien avec Meg, pas en tant que personnage indépendant). Mention spéciale à Madame Tartt qui a été surprenante par sa capacité d’adaptation.
Malgré les longs chapitres avec quelques longueurs tout de même, j’ai adoré suivre ces personnages qui sont le reflet de la société d’une époque bien « calamiteuse » pour une bonne partie de la population américaine.
