de Paul Gasnier.
Synopsis –
En 2012, en plein centre-ville de Lyon, une femme décède brutalement, percutée par un jeune garçon en moto cross qui fait du rodéo urbain à 80 km/h.
Dix ans plus tard, son fils, qui n’a cessé d’être hanté par le drame, est devenu journaliste. Il observe la façon dont ce genre de catastrophe est utilisé quotidiennement pour fracturer la société et dresser une partie de l’opinion contre l’autre.
Il décide de se replonger dans la complexité de cet accident, et de se lancer sur les traces du motard pour comprendre d’où il vient, quel a été son parcours et comment un tel événement a été rendu possible.
En décortiquant ce drame familial, Paul Gasnier révèle deux destins qui s’écrivent en parallèle, dans la même ville, et qui s’ignorent jusqu’au jour où ils entrent violemment en collision.
C’est aussi l’histoire de deux familles qui racontent chacune l’évolution du pays. Un récit en forme d’enquête littéraire qui explore la force de nos convictions quand le réel les met à mal, et les manquements collectifs qui créent l’irrémédiable.
Mon avis –
La Collision n’est pas un simple roman, ni une autobiographie d’un moment de vie. C’est plus que ça.
C’est un essai, une enquête journalistique où l’auteur utilise ses compétences pour décortiquer le terrible accident qui lui a enlevé sa mère dans la fleur de l’âge.
C’est parfois peut-être un peu trop, ce côté reportage, mais cela apporte des explications nécessaires.
J’ai bien aimé ces retours en arrière, cette plongée dans les archives d’une enquête. Parce que c’est de cela dont il s’agit, 10 ans plus tard, il est grand temps de devenir acteur et non plus simple spectateur.
Ce livre ne cherche pas à expliquer, ni à pardonner. D’ailleurs il n’en est jamais question.
Mais plutôt de comprendre le pourquoi du comment. Comment un jeune peut arriver à devenir ce qu’il est alors que de base il avait tout ou presque pour se sortir de ce déterminisme que lui imposeraient ses origines et son quartier ?
Tout le monde est convoqué : la famille de la victime, la police, la justice avec les avocats et les juges, l’histoire du quartier et de la population, la famille du criminel et les souvenirs.
Plusieurs facettes d’un même dé qui finira par tomber de la table en pleine lancée. Des trajectoires parallèles, qui finiront par se croiser par le coup du sort.
Ce qui en ressort selon moi, c’est l’impuissance de tout le monde à rattraper ceux qui tombent. Les éducateurs qui sont en première ligne, qui sont eux-mêmes court-circuités par plus puissants qu’eux. La police qui n’y arrive plus et la violence qui grandit.
On aimerait trouver la solution, la toucher du doigt et l’attraper, la saisir et l’appliquer, mais il est parfois bien difficile de ramer à contre-courant.
