de Sophie Pointurier.
Synopsis –
Au début, elles étaient quatre. Il y avait cette annonce d’un hameau à vendre, loin de tout. Naît alors un rêve, le projet d’un lieu construit par et pour les femmes. Claude, Harriet, Élie et Anna l’ont fait. Jeunes, vieilles, toutes forgées par les tentatives d’autres avant elles, guerrières jusque-là tenues au silence.
Seulement voilà, aujourd’hui, Claude doit répondre du meurtre d’un homme. Face à elle, deux gendarmes attendent qu’elle reprenne tout depuis le début. De l’utopie à la riposte. Ce jour où Claude et ses soeurs ont pris les armes.
Que sait-on de la violence des femmes ? Ce roman est le récit d’une quête pour se réinventer, une ode à l’amitié et à la liberté.
Mon avis –
Quand on lit Femme Portant un Fusil, on se dit que c’est pas faux, une vie sans hommes serait pas de trop parfois.
Claude vit la crise de la quarantaine et fait une fixette sur un hameau à vendre au milieu de la campagne du Tarn. C’est clair que même moi, à 28 ans, je ne dirais pas non à un petit moment d’isolation et à ne plus voir personne.
Elle va rencontrer au fur et à mesure d’autres femmes avec le même désir de tranquillité, d’indépendance, d’être recluses. Des féministes, d’abord des vieilles et des moins vieilles, des idées qui se complètent et s’entrechoquent.
J’ai bien aimé l’alternance entre le passé et le présent où Claude revient sur la genèse du projet. Les passages sur le présent sont courts et permettent de donner du rythme au récit.
On comprend que tout n’a pas été simple dans l’installation. Et que surtout, MEN quoi ! Bon, cette fois-ci on parle d’un homme, Michel. Le voisin super chiant qu’on a tous déjà connu. Le monsieur à qui on a rien demandé mais qui vient toujours donner son avis.
En plus, c’est le genre de vieux garçon de la campagne. Et ceux-là aussi je les connais bien. Pour ainsi dire, Michel n’a que ça à faire de faire chier le monde.
En face, on a la bande de nanas qui veut pas se prendre la tête et qui teste des trucs. Claude qui gère la logistique, Elie celle qui mange yoga et ondes positives, Harriet qui est une fan inconditionnelle de Kate Bush, Anna qui fait une thèse et Beatriz ex-taularde terroriste des Pays-Basques.
Non vraiment, on a une belle palette de personnages féminins très différents mais qui en réalité sont très soudés dans les épreuves. Qu’elles soient collectives ou individuelles, même si finalement on ne sait pas tout sur tout le monde.
J’ai bien aimé le fait qu’on oppose la violence des hommes et celle des femmes. Et que, oui, bizarrement celle des femmes soit toujours plus horrible que celle des hommes et surtout plus critiquée. Peut-être parce qu’on ne s’y attend pas.
Finalement, et même si le féminisme du livre est très intéressant, je ne me suis pas sentie complètement emportée par ce dernier. Peut-être parce que je suis trop jeune pour m’identifier complètement à leurs combats et à leur désir de sécularité. Ni une très grande fan de Kate Bush.
Et puis, en réalité, j’aurais aimé avoir eu plus de contexte autour des trois meurtres, surtout les deux premiers et surtout sur l’après. On sait qu’il s’est passé des choses mais cela semble tellement mécanique que c’est comme si ça ne jouait pas sur la conscience du groupe de femmes et que ça paraissait tout à fait normal.
La fin me semble trop facile et utopique. Après, je dis pas, tant mieux pour Claude, hein, mais en réalité, est-ce vraiment possible ? Ça reste à prouver…
» Avec la misogynie décomplexée qui se répand depuis la nuit des temps, c’est un miracle que cette deuxième moitié du monde ne se soit toujours pas réveillée en rage, consciente de sa blessure collective. »
Date de sortie : 2025.
Maison d’édition : Éditions Points.
Nombre de pages : 264 pages.
Lecture dans le cadre du Prix des Lecteurs du Meilleur Roman 2026 des Éditions Points avec Version Femina – Service de Presse.
