de Michael McDowell.
Synopsis –
Au début du xxe siècle, la crue de la rivière Perdido ravage la petite ville du même nom, en Alabama. Tombée du ciel ou déposée par les flots argileux, une jeune femme aux longs cheveux roux, Elinor Dammert, se retrouve dans une chambre de l’hôtel Osceola. Cette femme sans attache va trouver refuge chez les Caskey, puissante famille qui tient sa fortune de l’industrie du bois, et dirigée d’une main de fer par une matriarche soupçonneuse.
Elinor partage un lien secret et surnaturel avec l’autre rivière de la ville, la Blackwater, qui va déterminer à la fois la subsistance et le destin de la ville de Perdido. Au cours des cinquante années suivantes, l’influence d’Elinor va apporter prospérité, animosité, mort et réconciliation aux Caskey
Mon avis –
Ça y est ! J’ai terminé cette incroyable saga qu’est Blackwater.
Choisi au hasard dans ma librairie, enfin pas tant que ça puisque j’entendais la libraire en parler avec une autre cliente, je me suis laissée tenter.
Ce qui est agréable, c’est déjà la lecture. Les livres sont courts et le style très fluide. On peut facilement lire le livre en une ou deux journées et les enchaîner sans problème.
J’ai beaucoup aimé le cadre temporel. 1919, Perdido en Alabama, sud des États-Unis où les familles blanches règnent et où, comme partout dans le sud américain, les Afro-Américains ne sont relégués que dans les quartiers pauvres et aux métiers de services.
Donc, l’histoire commence avec une catastrophe naturelle et où Elinor, une jeune femme, apparaît comme par magie et entre dans la vie d’une des familles les plus influentes de la ville : la famille Caskey.
Au cours des 6 tomes de la saga Blackwater va s’en suivre une évolution de la famille Caskey, avec ses hauts et ses bas, ses rivalités, ses mariages, ses naissances, ses décès.
Mais ce que j’ai surtout trouvé intéressant, c’est la rivalité entre deux femmes fortes : Mary-Love, un peu une mère castratrice avec ses enfants Sister et Oscar et qui aime contrôler tout jusqu’à leurs vies et leurs mariages, et Elinor, la nouvelle arrivée.
En effet, même jusqu’au dernier tome, il sera question de leur rivalité. Des évènements familiaux qui seront influencés par ces deux femmes d’abord puis par les générations suivantes.
Car oui, contrairement à ce que l’on peut penser, Blackwater n’est pas masculin. Blackwater est 100 % féminin. On pourrait croire qu’avec le contexte historique et le lieu, les hommes seraient au centre de l’histoire, mais non. Les femmes sont celles qui mènent la danse. Et elles contrôlent même les hommes.
Au fur et à mesure que les tomes se succèdent, des personnages apparaissent et disparaissent. Parfois de manière naturelle et parfois, et le plus souvent, dans des circonstances peu conventionnelles.
C’est d’ailleurs ce qui rajoute un petit plus à la saga. Ce côté surnaturel, de créatures gluantes et des marais, puissantes et féminines. Elinor a ce côté mystérieux que personne ne peut jamais vraiment saisir. Par petites touches, les évènements bizarres se succèdent dans les foyers Caskey, sur la digue et dans les marais.
J’ai aussi adoré le fait que des sujets modernes soient abordés. Alors certes, la saga ne date pas elle-même de 1919, mais des sujets comme l’homosexualité et la place des femmes dans une société résolument masculine sont mis très en avant et semblent d’ailleurs tout à fait acceptés par la famille Caskey et par extension par la ville de Perdido.
Chaque personnage trouve sa place au sein de la famille. Trouvant des qualités et des qualifications qui lui permettent de s’élever et de rendre service au plus grand nombre.
Le dernier tome fait d’ailleurs écho au premier, comme une boucle enfin bouclée. On ouvre sur une crue sans précédent et on termine sur une crue encore pire que la première. Zaddie et Billy font écho à Bray et Oscar dans le premier tome. Elinor se retrouve seule dans une chambre comme au premier jour de la saga.
La communauté noire de la saga reste en retrait au milieu des tourments de la famille mais est aussi au cœur des histoires. Observant, voyant et sachant, mais en restant tout le temps discrète sur les lubies et extravagances de leurs employés.
Pour finir, et je ne pouvais pas terminer sans mentionner la véritable BEAUTÉ des livres de la saga. Et surtout au formidable travail d’éditions de Monsieur Toussaint Louverture. La saga fait partie des plus beaux livres de ma bibliothèque et je n’ai pas peur de le dire.
