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C’Était Notre Terre

de Kathleen Grissom.

Synopsis

En 1863, Va-la-Première, jeune fille de la tribu des Crow, a 16 ans et rêve d’épouser Gros-Nuage. Hélas ce dernier meurt dans une chasse au bison peu avant leur mariage, la laissant le cœur brisé. Pour arranger sa famille, elle finit par épouser Abe Farwell, un commerçant de fourrures blanches qui lui donne le nom de Mary. Mary accompagne alors son époux pour un long voyage vers le Canada. L’entente n’est pas toujours facile entre les tribus amérindiennes et les trappeurs canadiens, néanmoins lorsqu’une quarantaine de voyageurs Nakoda cherche un refuge pour survivre à l’hiver, ils sont tout de même accueillis avec bienveillance.
Mais un soir, un groupe de marchands de whisky ivres massacre tous les hommes Nakoda et épargne les femmes de la tribu pour les violer.
Face à cette tragédie et l’inaction de son mari, Mary décide de prendre les armes pour aller les sauver.

Mon Avis

C’Était Notre Terre est un roman d’aventure mais surtout une ode aux traditions et à la famille.

Le roman a lieu dans la seconde moitié du 19ᵉ siècle, entre les grands espaces américains du Montana et le grand froid du Canada.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Va-la-Première, qui deviendra Crow Mary au fur et à mesure de l’histoire. J’ai été tour à tour heureuse, triste et soulagée pour elle.

Crow Mary va devenir au fur et à mesure du récit le symbole de tous ces Amérindiens qui ont dû faire des choix pour survivre (alors que techniquement, ils le faisaient très bien avant que nous, hommes blancs, arrivions).

Crow Mary va devoir changer de vie pour d’abord faire plaisir à son père, en épousant un homme blanc, qui, au départ, n’a rien en commun avec elle. Elle devra ensuite s’habituer à la façon de vivre de ce dernier, apprendre une nouvelle langue pour communiquer, s’habiller d’une nouvelle façon tout en essayant de ne pas renier d’où elle vient et ce qu’elle ressent au plus profond d’elle.

J’ai été d’abord contente pour elle qu’elle rencontre des gens bienveillants sur son chemin comme Jeannie qui deviendra un véritable repère dans sa nouvelle vie. Ensuite Farwell, son mari, qui se révèlera protecteur et bienveillant avec elle. Et j’ai aussi aimé que dans l’adversité, Mary soit toujours capable de se débrouiller.

Bien évidemment, la vie est ce qu’elle est en 1873, dans les vastes plaines indiennes des États-Unis et, contrairement aux clichés bien répandus, les peuples amérindiens ne faisaient pas qu’un et les Sioux, les Crows, les Cheyennes ou les Pieds-Noirs ne formaient pas qu’un seul et même peuple, mais bien une multitude. Des coutumes et des croyances différentes.

J’ai particulièrement apprécié que l’autrice insiste sur ce fait et qu’elle ne nous fasse pas croire que c’était les Blancs contre les Indiens (même si de manière globale l’idée est là, mais dans les faits c’est bien plus compliqué que cela).

Autre chose que j’ai aussi beaucoup aimée, c’est qu’elle nous parle de l’alcool. Attention, je n’ai aucune tendance alcoolique, je n’ai jamais touché au whisky de ma vie mais pour avoir lu d’autres livres sur les communautés/réserves indiennes, l’alcool est un véritable fléau et l’une des premières causes de décès. Ce qui, dans ce roman, ne peut que s’avérer davantage vrai.

Au fur et à mesure que le récit avance, la relation de Crow Mary avec son mari se détériore et ce en lien avec la façon dont sont traités les Indiens. Parqués dans des réserves où ils ne peuvent plus se nourrir comme avant, avec des rations de viandes, des codes vestimentaires stricts et une obligation d’aller aux écoles du gouvernement, les Indiens perdent leurs identités.

Farwel, qui jusque là se posait en quelque sorte comme garant moral des rares hommes blancs prêts à faire le bien va peu à peu glisser du côté obscur et sombrer dans les vices de l’alcool. Il aura essayé en vain de mettre en lumière le massacre de Cypress Hills de 1873 à travers différents procès qu’il perdra et ne pourra par la suite plus se regarder en face suite à cet échec.

Inutile de dire que j’ai ressenti de la colère lorsqu’il a commencé à perdre pied, lui qui avait tenu tellement longtemps et avait été un tel repère dans la vie de sa femme. Au final, il finira seul et ayant perdu tout respect de cette dernière.

Si je devais mettre ce livre en lien avec d’autres romans, ce seraient : Dans le Grand Cercle du Monde de Joseph Boyden où on voit bien le rôle de l’homme blanc, missionnaire qui se croit tout-puissant et le seul à être porteur de vérité, et ensuite Le Premier qui Pleure a Perdu de Sherman Alexie qui m’a fait rire mais qui met lui aussi en avant les ravages de l’alcool et le sentiment d’ambigüité des jeunes qui veulent toujours faire partie de leur communauté tout en essayant de s’en affranchir.

Année de parution : 2025.
Maison d’édition : Éditions Pocket.
Nombre de page : 504 pages.

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